Nouvelle-Zélande, 12/01/2018. Les vélos sont dans des cartons, déposés quelques jours plus tôt dans une villa de la banlieue de Christchurch.

Oui nous avons posé les vélos ! Car nous allons parcourir ces îles du bout du monde quasiment exclusivement à pieds. Non sur toute sa longueur comme nous l’avions imaginé (la planification nous a obligé à revenir à la réalité) mais en enchaînant des treks que nous avons sélectionnés comme étant les plus beaux et les plus sauvages de la terre des Maoris.

Les premiers pas, sacs sur le dos, nous les réalisons sur l’Ile de « Stewart Island » à l’extrême sud du pays. « The bottom of the univers » comme l’a bien nommé notre hôte dans la petite ville de Invercargill, car plus au sud c’est l’Océan puis l’Antarctique. La fin du monde civilisé.

Civilisée, l’île de Stewart Island ne l’est pas tellement. D’une superficie légèrement supérieure à la Guadeloupe (1700km2) elle ne possède qu’un petit port de pêche pour une population de moins de 400 habitants. Le reste de l’île est 100 % sauvage ! Un paradis pour les oiseaux et les mammifères marins. Un paradis pour nous aussi. Des traversées de forêts humides épaisses et touffues alterneront avec des ouvertures immenses sur l’océan. Chaque crique sera l’occasion de croiser des lions de mer, chaque passage en forêt nous donneras une chance d’apercevoir l’oiseau rare, mythique et symbolique de la Nouvelle Zélande : le Kiwi ! 130 km et 12 jours en autonomies nous attendent sur le North West Circuit Track.

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Avant départ avec l’hôte qui nous a accueilli. Une maori souriante et pleine d’énergie.

Les maoris représentent 15% de la population de la Nouvelle Zélande. Le traité de Waitangi le 6 Février 1840, également date de fête nationale, entre le peuple Maori et l’empire britannique a fait de ce pays une colonie de l’empire Britannique. Les maoris ont eu a cette date les mêmes droits que tous les citoyens britanniques ainsi qu’une garantie de la conservation d’une partie de leurs terres. Aujourd’hui encore ce traité fait l’objet de vives controverses. Notamment en ce qui concerne la notion de propriété comprise par les parties de l’époque, les maoris avaient alors une notion d’usage de la propriété et non de possession. Malgré cela, ce traité reste un model de progressisme dans son approche entre colons et peuples indigènes.

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Un Kiwi! Oiseau emblématique de la Nouvelle Zélande.

Étrange oiseau qui ne peut pas voler, des plumes qui ressemblent à des poils et pas de queue, le Kiwi est majoritairement nocturne et impossible à approcher. La grande majorité des Nouveaux Zélandais n’en ont jamais croisé. Nous avons eu cette chance! Sur Stewart Island sont comportement diffère des autres îles. L’île étant plus proche du pôle, les jours sont plus courts et l’animal sort aussi en journée pour se nourrir. Une seule idée en tête, fouiller le sol avec son long bec à la recherche de petits insectes et invertébrés.

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Forêt endémique très vallonnée. De nombreuses espèces de fougères, notamment des arborescentes.
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Un autre symbole de la Nouvelle Zélande : le Pohutukawa. Il est connu comme l’arbre de Noel de Nouvelle Zélande, moment auquel il est en fleur.
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Pousse de fougère. Elles peuvent atteindre jusqu’à 10 mètres et sont argentés sous les feuilles. C’est un autre symbole de la Nouvelle Zélande.
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Murray Beach – Première plage traversée lors de notre tour de l’île.
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Il y a aussi des cigales en Nouvelle Zélande
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Un « Huitrier », oiseau protecteur et fidèle, il hurle à notre passage pour protéger son nid.
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Un Tomtit, vrai accompagnateur de notre voyage, curieux et amical, il se pose en travers de notre chemin pour nous observer et rechercher les petits vers que pourraient soulever nos chaussures au passage
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Des monts et des vallées! Mousse alpine du sommet de l’île à 980 mètres. Il fait bon s’y allonger.
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Mont Anglem. Sommet de l’île et vue à 360°.
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En montant du bord de mer au sommet de l’île nous avons traversé 4 strates de végétation en 980m
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Vue sur le mont Anglem.

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Pendant une dizaine de minutes, nous avons pu observer le spectacle de ce lion de mer faisant son repas d’un poulpe! Il déchiquette l’animal progressivement à la surface de l’eau en agitant sa tête et ses dents tranchantes pour en arracher des morceaux.
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Yankee river – Notre alimentation est moins naturel. Un repas lyophilisé tous les soirs! (et pas beaucoup plus). En fond une « hut » qui fait office de refuge non gardé.
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L’endroit parait paisible mais il ne l’est pas vraiment! Les « sandflies » sont partout, un vrai cauchemar. Il s’agit d’une petite mouche qui pique et pompe le sang comme un moustique. La démangeaison dure plusieurs jours. A chaque arrêt des dizaines se précipitent sur nos mains, nos pieds et notre cou. Nous passons des soirées à en écraser des centaines.
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Traversée de la Yankee river
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Un héron et un Tui que nous avons vu voler ensemble pendant un moment.
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Descente bien raide sur « Smoky beach »
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Des tadornes de Paradis, une femelle à la tête blanche suivie de plusieurs mâles.
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Traversée des dunes de « Smoky beach »
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Marée basse sur « smoky beach », nous traversons un bras de mer pour éviter un long détour.
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Un refuge autour duquel nous avons campé. Nous y avons appris avec un Nouveaux Zélandais à pécher et cuire des « Abalones », un crustacé au gout proche de la coquille saint-jacques. Délicieux!
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Un pluvier à double collier. Il est endémique de la Nouvelle Zélande.
Photo entête stewart island-2
Superbe point de vue sur « East Ruggedy beach ».
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Un « Wood pigeon ». Depuis la disparition des Moas, c’est le seul oiseau capable d’avaler les gros fruits des arbres Karaka et Puriri dont il répand les graines à travers les forêts.
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Sables mouvants en direction de Ruggedy beach. On a essayé mais nous ne sommes pas restés coincés!
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Ruggedy beach. Plage déserte
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Un  « Wood pigeon ». Il mesure en moyenne 51cm et 650 grammes.
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Sensation agréable de frayer son chemin à travers les dunes.
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Végétation entre dunes et forêts
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Le bonheur assez simple de suivre un chemin
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Tomtit toujours présent !
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Un paysage représentatif des longues heures passées en forêt.
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Nous descendons sur la plage de West Ruggedy Beach. Dans le sable des traces de Possum et de Kiwi.
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Descente sur « West Ruggedy beach »
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A la recherche d’un point d’eau pour le bivouac du soir. S’il était facile de trouver des cours d’eau claire sur la côte Est de l’île, nous avons dû chercher un moment ce soir là avant de nous rabattre sur un ruisseau d’eau rouge et sablonneux.
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La lumière est fabuleuse quand nous arrivons au soir sur la West Ruggedy beach.
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L’emplacement de notre bivouac d’un soir
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Végétation à marée basse
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Bassine d’eau de mer se remplissant et se vidant au rythme des vagues.
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Chouette « Morepork » que nous avons surpris de jour pendant son sommeil. On l’appelle aussi « Ruru » à cause de son cri qu’on entend souvent la nuit.
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Une araignée qui joue de mimétisme avec le sable!
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Plage de « Big Hellfire » soit le « feu du diable ». Nous avons descendu une langue de sable de 250 mètres de haut pour rejoindre cette plage aux vagues puissantes.
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Nous avons été impressionnés par la puissance de l’océan à cette endroit de la côte. Au moment de prendre la photo, l’œil dans l’objectif, je ne peux m’empêcher d’avoir un moment de recul face à l’immensité de cette vague.
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Un groupe de cormorans variés. Une espèce d’oiseaux de mer d’Australie et de Nouvelle Zélande
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Le groupe de cormorans s’envolent à notre passage pour se jeter dans la mer.
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Un albatros royal étend ses ailes d’une envergure de plus de 3 mètres. C’est le plus grand oiseau marin au monde. Il ne s’effraie pas à notre passage et nous pouvons l’observer pendant plus de 20 minutes.
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Les albatros nichent sur l’île Campbell au sud de la Nouvelle Zélande. Leur capacité à voler est exceptionnelle. Une étude a montré qu’un albatros a été capable de voler 22 545 Kilomètres en 46 jours sans se reposer une seule fois. Ils utilisent des vents arrières formés par la houle pour voler jusqu’à 110 km/h sans se fatiguer.
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Un Fantai. Il nous arrête régulièrement sur le chemin et exhibe sa longue queue en forme d’éventail.
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Nous scrutons la mer pour apercevoir des baleines. Cela ne sera pas pour cette fois!
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Bivouac au sommet d’un langue de sable de 250 mètres de haut. Vue sur l’intérieur de l’île.
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Point de vue unique sur la Manson Bay. D’une longueur de 19km c’est la plus grande plage de l’île. Elle aurait été crée par la chute d’une météorite.
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Calme avant la tempête. Si le point de vue est unique, il est très exposé au vent. Une tempête de sable s’est levée à la tombée de la nuit, remplissant notre tente de sable et nous obligeant à déplacer la tente en catastrophe dans un endroit abrité (y penser avant de poser la tente!)
Couché de soleil Stewart Island.jpg
Stewart Island est appelée « Rakiura » en maori soit « la terre des ciels rougeoyants ». Ce phénomène est lié à la proximité de l’île avec le pôle sud.
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Au sol des pétales de Pohutukawa nous déballent un tapis rouge au dessus de la boue!
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Changement de végétation dans un point bas de l’île. Nous traversons une zone marécageuse.
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La zone de fresh water flat.
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L’ouest de l’île a été exploité par une succession de différentes familles de 1874 à 1985. L’isolement, le manque d’eau et la difficulté de transport de la laine produite rendaient la vie de ces fermiers très difficile.
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La route continue sur l’île sud de la Nouvelle Zélande!

Rédigé par Lionel Pourchier

Je vous racontes sur ce site mes aventures dans le cadre des deux projets de voyage que j'ai réalisé : "De l'Himalaya à Paris" en solitaire en 2015, et le "Tour des terres du Pacifique" en 2017/2018 avec mon amie Kinga Jakubowska.

(4 commentaires)

  1. Encore de sacrées aventures! J’adore vous lire! Superbes vos photos et commentaires.
    Dites donc en commencant avec Steward island vous faites fort!! Bonne continuation! Bon courage avec les sand flies!

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  2. Bonjour Lionel et Kinga, merveilleuses photos qui continuent à nous enchanter. Très beaux cadrages avec des commentaires précis, c’est vraiment top…

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