Les conditions enneigement sont inquiétantes sur le Nango-la, un col à 4820m que nous devons traverser pour nous rendre dans la région du Makalu. Des villageois nous conseillent une route alternative qui n’est pas sur la carte. Nous passons une journée épuisante sur un sentier quasiment pas pratiqué. Le retour de la chaleur, le poids de nos sacs, et le chemin instable nous fait regretter ce choix. Au soir nous atteignons une rivière en fond de vallée. Purhi craint les attaques de tigres dans la forêt qu’il appelle « jungle ». Aussitôt qu’il a posé son sac je le vois se dépêcher de préparer un feu pour éloigner les animaux sauvages. Je ne sais pas trop quoi penser de cela, entre superstition et réalité.

Message Satellite 21/04/2015 : Journée enfin terminée sans atteinte de l’objectif. Camping bord de rivière. Mauvais conseil des villageois sur route alternative. Chemin impraticable. 1500M de dénivelé positif et négatif. Sac toujours aussi lourd. Rêve d’une raclette. Vu personne de la journée.

En direction de Olangchugola nous croisons un touriste Francais accompagné de 4 porteurs, un cuisinier, un guide, et un villageois qui fait office de guide local afin d’éviter le passage du Nango la. Il vient de Nice et a l’habitude des trekkings de ce type au Népal. Nous discutons un moment, et profitons de l’occasion pour donner la tente d’expédition à un porteur afin qu’il la ramène à Katmandou. Nous serons plus léger de quelques kilos ce qui nous aidera à passer les cols en haute altitude.

Message Satellite 22/04/2015 : Olangchugola. 3200m. Ville d’échange entre le Népal et le tibet. Surplombée par un magnifique monastère de 500 ans.

Journée pluvieuse. Heureux d’avoir croisé Pierre un niçois, et son groupe de porteurs. L’un d’eux a accepté pour 6000 roupies de ramener notre « excédent de bagages » sur Katmandou. Nous sommes moins équipés mais plus légers. Le moral est bon.

La journée suivante nous attaquons la montée vers le Lumba samba pass, un col à 5300m d’altitude.

A partir de 4000m la neige recouvre tout. Nous devons dormir sur une aire de bivouac mais il nous est impossible de la trouver. Après une demi-heure de recherche nous découvrons le panneau qui indique son emplacement dépassé légèrement de la neige. L’aire de bivouac est complètement ensevelie sous la neige en ce mois d’Avril. Nous nous rabattons sur une surface d’un mètre carré où la neige n’a pas eu de prise pour planter notre tente. Nous sommes tous les deux mouillés et à l’étroit dans cette tente 1 place. Dehors le tonnerre gronde et les chutes de neige s’accentuent. Je suis inquiet que la météo se dégrade dans les jours suivants.

Message satellite 24/04/2015 : Passcamp 4450m. Trop de neige. Chemin délicat à trouver. Brouillard et neige. Chaussures mouillées et pieds gelés. 2 dans tente 1 place.

Demain tentative de passer le col du Lumba Sumba à 5200m.

Au réveil après une nuit humide et froide passée tête béche avec Purhi, le ciel est dégagé. Je reprends espoir de passer rapidement le Lumba sumba. Purhi est déjà venu dans cette région mais il ne se souvient pas bien de la trace qui monte au col. J’ai emmené avec moi un GPS Garmin et l’enregistrement de la trace d’un américain qui a fait le Great Himalaya Trail une année plus tôt. Nous attaquons suivant mes consignes ce que j’estime être la bonne trace vers le col, la carte étant approximative et difficile à interpréter. Purhi est sceptique mais il me suit. J’ai une énergie folle pour avancer dans le mètre de neige qui s’oppose à nous. Nous bataillons pendant bien 2 heures dans une pente raide avant de faire le constat qu’il y a peu de chance que nous soyons sur le bon chemin. De notre emplacement en hauteur nous observons un Népalais descendre d’un autre versant de la montagne. Je suis obligé de constater que ma trace était fausse et que nous avons dépensé de l’énergie pour rien. Purhi s’énerve un peu et me met devant le fait accompli. Nous redescendons par la où nous sommes descendus.

Entre temps la neige qui était compacte a légèrement fondu, et ne nous porte plus. Si Purhi qui est plus léger avance encore correctement, je m’enfonce aléatoirement jusqu’à la taille tous les 2 à 3 pas. Une loterie imprévisible qui se joue à chaque fois que mon pied se pose sur la neige. Je passe une bonne heure à couvrir les deux cents mètres qui me séparent encore de notre point de départ. A mon arrivée, Purhi discute avec des Népalais qui accompagnent un touriste belge passionné par le Népal et la botanique, ils sont encore 5 pour un seul homme et connaissent le passage qui monte au col. Nous bivouaquerons à coté d’eux ce soir et nous les accompagnerons le lendemain. Je rencontre également un couple de jeunes israéliens qui parcourent eux aussi le Népal à pied. Nous faisons connaissance et partageons un repas. Ils nous cuisinent de délicieuses lentilles agrémentées d’oignons et d’ail dans notre camp de 4450m d’altitude redevenu brumeux et humide.

Message satellite 24/04/2015 : Journée perdue à tenter de traverser le mauvais vallon. Grimpe et crapahutage dans 1 m de neige pour rien. Trace gps fausse. Retour point de départ.

Rejoint par un groupe qui connait le chemin vers le col. Route pour eux demain. Rencontre également avec jeune couple Israéliens qui fait le GHT sans les cols techniques.

Au matin le groupe de belge est déjà parti, il fait un jour blanc sur le col du Lumba Samba, un nom qui évoque plus une danse brésilienne qu’une journée de calvaire dans la neige. Nous plions nos tentes et emboîtons le pas. Durant la première heure, il est facile de progresser dans les traces faites par le groupe qui nous précède. Le brouillard est épais mais nous avançons vite. Au pieds des pentes les plus raides nous rattrapons les porteurs qui avancent lentement dans cette poudreuse qui engloutit nos genoux et dissimule nos repères. Ils sont maigres et chargés de tout leur poids. Nous passons devant avec Purhi pour faire la trace.

Nous sommes bien isolés et fragiles dans ces montagnes pour affronter la neige fraîche qui se dépose chaque nuit sur les montagnes. Nous rattrapons le groupe et le dépassons. L’orientation est difficile et repose en partie sur les souvenirs de Purhi qui est passé là quelques années auparavant. Le nez collé sur la carte, je tente de deviner dans les voussures de la montagne, le contour qui nous permettra de changer de vallée. Il est 11h40 quand nous atteignons le col du Lumba Samba, c’est l’heure qu’a choisi la terre pour trembler.

Message satellite 25/04/2015 : Passe en ce moment le Lumba Samba 5135m. Neige et brouillard. Très difficile ce matin. Pas de trace. 60 cm de neige. Pente raide. Jour blanc.

Message satellite 25/04/2015 : Tremblement de terre ressenti au passage 2ème col 5150m. On aura tout eu. Route encore longue.

Au début il y a l’étonnement. Pourquoi ce gros rocher sous mes pieds bouge-t-il ? Et puis cet énorme bruit sourd traverse la montagne comme une lame. « Earthquake » le mot est lancé. Ce mot que je ne vais cesser de répéter dans les jours et les semaines qui viennent.

D’abord il faut attendre, nous sommes dans une zone protégée des avalanches, et même si je n’ai encore aucune conscience des conséquences de cet événement, mon naturel prudent propose à Purhi et au couple d’Israeliens d’attendre une possible réplique avant de nous engager dans les pentes importantes de la descente du col.

Message satellite 25/04/2015 : Retour dans zone sécurisée. Encore 2h à marcher. Nous étions protégés dans un col au moment du tremblement. Attendu un moment nouvelle secousse cause risque déclenchement avalanche dans vallon très enneigé.

La descente du col est interminable. Je m’enfonce comme la veille brisant aléatoirement la surface de regel en surface. Mon corps chute systématiquement jusqu’à la taille. Je n’ai plus d’eau, et mes pieds sont froids et humides. Cette journée se transforme en calvaire pour moi et Purhi. Nous rejoignons au soir le village de Thudam où nous pouvons nous réchauffer au coin d’un feu. Il n’y a aucun dégât dans la zone où je me trouve, et je n’ai par la même aucune conscience de la tournure des événements. Mon récepteur satellite se sature de messages. Des nouvelles m’arrivent de mes proches sur la situation autour de Katmandou. Il me faudra plusieurs jours pour vraiment réaliser la situation en cours dans les autres régions du Népal.

Nous marchons les jours suivants au rythme des secousses dans la moyenne montagne népalaise qui doit nous mener au camp de base du Makalu.

Message satellite 27/04/2015 : Nouvelle secousse je crois bien. Gros éboulement sur le versant d’en face. Très longue journée en balcon et dans forêt enchantée hier. Magnifiques paysages asiatiques de moyenne montagne. Jour de repos village de Chyantang.

Je passe une période difficile. Mes pieds ont gonflé après une journée dans la neige sans guêtre pour me protéger des infiltrations. La marche est douloureuse. Un Chang trop chaud (alcool de riz) m’a détraqué l’estomac et je suis incapable de m’alimenter, voir même de me lever.

Les informations que je croise sur les suites du tremblement de terre ne sont pas bonnes. Localement les népalais dans les villages ont peu d’informations. On parle d’éboulements et de villages coupés. La situation était déjà compliquée en montagne à cause des chutes de neige exceptionnelles de l’hiver sur l’Himalaya.

Message satellite 28/04/2015 : Pas de trace du séisme ici. Info comme quoi 3 américains n’ont pas pu prendre route du Makalu base camp. Neige jusqu’au cou. Devoir prendre autre route.

Nous atteignons une maison qui possède des panneaux solaires chinois et une télévision. En fin de journée si la lumière a été bonne, la Didi possède comme un trésor 2 heures d’autonomie sur un petit poste LCD. Nous regardons en boucle les images des destructions des temples de Katmandou et de sa banlieue. Phuri s’inquiète pour sa famille restée à Katmandou mais il en parle peu. Il vit avec avec sa femme et son fils dans un quartier du nord de Katmandou qui a été particulièrement touché par le séisme. Phuri me parle souvent de son fils. C’est un adolescent de 14 ans qui comble son père par ses résultats scolaires. Il était si fier de la réussite de son fils aux examens de fin d’année. J’ose peu aborder le sujet de sa famille dans l’incertitude de leur situation. Nous n’avons aucun moyen d’avoir des nouvelles de la ville. Je peux communiquer avec la France depuis ma balise satellite mais les réseaux terrestres de communication sont hors service au Népal depuis la catastrophe.

Message satellite 28/04/2015 : Viens de voir les infos népalaise et réalise mieux la situation. Me demande comment je vais pouvoir continuer dans la région du Langtang.

Purhi n’arrête pas de répéter comme nous sommes chanceux. Il y a eu beaucoup d’accidents en montagne impliquant des Sherpas ces dernières années. Ils sont aux premières loges quand il s’agit d’installer des cordes fixes sur les sommets de l’Everest et d’ailleurs. L’ethnie des Sherpas est dispersée dans quelques vallées autour du district du Solu-Kumbu (vallée de l’Everest). Quand l’un d’eux disparaît, c’est très souvent un frère, un cousin ou un ami qui s’en va. En 2014, ils sont seize guides Népalais à mourir sur les pentes de L’Everest suite à la chute d’un sérac dans la cascade de glace du Khumbu. Purhi ne souhaite plus y retourner. Il y a eu trop de morts, trop de disparus.

Mais dans ce pays qui reste à la traîne de l’essor économique de l’Asie, la caste (ou plutôt tribu dans le cas des Sherpas qui sont bouddhistes) définie la catégorie socio-professionnelle de l’individu. Un Sherpa sera condamné à être guide, agriculteur au Népal ou à quitter le pays pour travailler dans les restaurants d’altitude en France, en Suisse ou sur les chantiers inhumains du Quatar.

Phuri lui a passé 8 ans dans l’armée Indienne avant de devenir porteur, guide, ou d’équiper les pentes de l’Everest de matériel et de cordes fixes. Il a trouvé un compromis au niveau du risque en m’accompagnant dans ce début de traversée du Népal, mais ne se fait pas à la galère de devoir marcher aussi longtemps jours après jours.

Le tremblement de terre a eu lieu depuis 4 jours, et nous n’avons toujours pas de nouvelles des proches de Purhi, de Laure, de Dorjee, et de la famille de Binod. La terre tremble encore plusieurs fois par jour. Nous sommes à l’écoute de chaque vibration. Quand elle ne tremble pas, c’est le mouvement instable d’une planche, d’une table ou d’une chaise qui nous fait redouter une nouvelle catastrophe.

Nous avons plusieurs jours de marche devant nous avant de devoir prendre une décision sur l’itinéraire à suivre.La confusion règne. Tout d’abord la communication est très mauvaise dans les montagnes népalaises, et nous n’obtenons des informations que de village en village en discutant avec les locaux. Nous nous rapprochons progressivement de l’épicentre du tremblement de terre, des éboulements commencent à apparaître sur notre chemin. Nous les traversons en vitesse sans connaissance de leur stabilité. Nous apprendrons un matin que l’éboulement que nous avions traversé la veille s’est effondré et a coupé la liaison entre les villages.

La neige est encore très présente en altitude et l’ensemble des expéditions commerciales qui auraient pu ouvrir la route sur notre tracé de haute altitude ont été annulées.

Message satellite 29/04/2015 : Hongon. Nouvelle journée de repos. Décision de changer itinéraire en direction du Makalu base camp pour éviter zone enneigée.

En redescendant en altitude nous récupérons le réseau téléphonique, les communications ont repris avec Katmandou et c’est avec un grand soulagement que nous apprenons que tout le monde est sain et sauf dans notre entourage. La famille de Purhi a cependant dû évacuer la maison qu’ils louent pour dormir à l’extérieur, en sécurité sous des tentes.

Message satellite 30/04/2015 : Gola. 1100m. Info comme quoi 3 américains ont essayé chemin pour makalu que j’envisageais mais ont du faire demi-tour.

Décision prendre chemin principal trekking pour Makalu, plus long mais sans risque.Guide vient apprendre 2 pièces de sa maison détuites.

A priori nombreux touristes morts dans Thamel. Quartier où j’ai passé beaucoup de temps avant mon départ.

Devant la situation, je décide de contourner la région des cols du Makalu par le sud. C’est la meilleure décision à prendre au vu de la situation actuelle.

Purhi renonce quant à lui à rejoindre prématurement Katmandou en bus depuis la ville de Num. La saison des expéditions va s’arrêter prématurément ce printemps. Tout est à l’arrêt au Népal en ce moment. On compte les morts. C’est un manque à gagner énorme pour ceux qui sont dépendant de la saison touristique et une peine immense pour le Népal. L’équivalent d’un tsunami un 15 Août sur la côte d’Azur. Purhi souhaite pour des raisons financières respecter son contrat. Il m’accompagnera donc jusqu’à Luckla à l’entrée de la vallée de l’Everest où il pourra prendre un avion pour Katmandou et s’occuper de sa famille. Je ferai le reste de la traversée seul comme prévu initialement.

Message satellite 01/05/2015 : Journée terminée. Décision de renoncer aux cols haute altitude Makalu. Trop gros risque être bloqué par avalanche ou glissement sans secours possible.

Route prise hier bloquée par éboulement depuis. Marche vers vallée Everest par moyenne montagne.

Message satellite 02/05/2015 : Kuwapani. 2010m. Journée en partie sur piste. Gros orage fin d’aprèm. Rejoins demain le Ght cultural trail à Khadbari. Il devrait y avoir réseau.

Nous traversons la moyenne montagne Népalaise vers le sud. Une zone oubliée des agences de voyages. Si l’altitude est plus faible, la chaleur étouffante nous fait perdre du poil de la bête. Nous trouvons dans chaque village une maison où nous reposer pour la nuit et manger.

Message satellite 04/05/2015 : Hier à Mane Bhanjyang. 1100m. Retour du réseau, des moustiques, de la chaleur et des moteurs. Combat avec souris et insectes la nuit.

Message satellite 04/05/2015 : Ce soir à Lankhuwa. 610m. Chaleur étouffante. On se croirait à Marseille au mois de Juillet (à lire avec l’accent).

Projets pour la suite, faire les cols de la région de l’Everest. Tenter de passer le Tashi Labsa (5760m). Puis, soit m’arrêter si je me sens utile, soit contourner régions touchés jusqu’aux Annapurnas. A confirmer.

J’ai beaucoup maigri et ma barbe est longue. Purhi se moque de notre état de délabrement. Mais la mécanique fonctionne bien et nous sommes relativement rapides si l’on retire les incalculables pauses que nous faisons chez les habitants. Je râle un peu après Purhi, puis je cède avec les remords de ce que je lui fais endurer depuis plusieurs semaines.

Message satellite 05/05/2015 : Je ressemble à un autoportrait de Gustave Courbet.

Message satellite 05/05/2015 : Phedi. 1600m. La carte est fausse depuis hier. Difficile de juger avancement. J’ai l’impression qu’on passe notre temps à boire du Thé dans toutes les maisons. Pas de dégâts ici. A voir demain peut être premier village détruit selon villageois mais ça m’étonne.

Le matin du 05 Mai, soit presque 10 jours de marche après le tremblement de terre du 25 Avril, nous remontons un sentier très raide sur l’arête d’une montagne. Une première maison sur la gauche du sentier est totalement détruite. Des enfants jouent sur une bâche qui aurait dû servir à protéger le toit. Le sentier s’étire comme un pèlerinage de maisons détruites jusqu’au centre de ce petit village. Si en apparence les murs sont entiers, ils penchent chacun dans des directions différentes. Les maisons sont inhabitables. Les familles ont construits des abris en bois au pieds de ces maisons qui menacent de s’effondrer.

Un ancien du village nous emmène constater les dégâts sur le petit monastère bouddhiste du village. Les habitants de ce village se sont cotisés dernièrement pour embellir le monastère. Une somme importante avait été investie dans des peintures venues de Katmandou. Aujourd’hui le monastère menace de s’effondrer et les hommes pleurent.

Je prodigue des conseils avec l’écoute qu’on donne aux étrangers au Népal. Mais je suis aussi impuissant qu’eux. Il faudrait des matériaux, des tractopelles et des compétences dans le bâtiment, alors qu’il n’y a même pas une route pour accéder avec un véhicule. Il n’y a pas d’argent non plus.

Nous quittons le village sans réponse sur le futur de ces gens. Leur village a été touché très loin de l’épicentre. Probablement que sa position sur l’arête d’une montagne a décuplé les effets du séisme.

Les associations ne viendront probablement pas jusqu’ici. Trop loin des zones impactées. Il ne restera de notre passage que le souvenir que nous en aurons.

Message satellite 06/05/2015 : Première maisons détruites ici.

Rien à faire à part reconstruire à côté. Le problème est de démolir maisons en pierre 2 étages qui menacent de tombre.

Pas d’outils et de route pour engins de chantier. Temps pour reconstruire avant mousson trop court. Boiserie et objets du monastère à protéger.

Nous retrouvons la vallée du Solu Khumbu dont Purhi est originaire. Des pierres ont quelques fois bougé en haut des maisons. Des stupas (des monuments bouddhistes) vieux de plusieurs centaines d’années se sont parfois fissurés, mais la vie se déroule au final plutôt normalement dans la vallée. L’étrangeté réside dans l’absence de touristes en ce début de moi de Mai. C’est les beaux jours, ceux des rhododendrons en fleurs et des ciels clairs qui permettent de porter les regards sur les sommets en glace qui font la renommée de cette région.

Mais aujourd’hui aucun Occidental pour admirer ces sommets, la montagne est aux Népalais.

Sur le chemin nous croisons par dizaine des Sherpas rentrant au village suite à l’arrêt prématuré de la saison touristique. Ils marchent par groupe et s’arrêtent parfois pour saluer Purhi.

Message satellite 07/05/2015 : Bung. 1700m. Journée facile. Sur le chemin des guides et des porteurs rentrent au village après l’arrêt des expéditions à l’Everest.Saison terminée.

Le 08 Mai nous faisons le yoyo dans la montagne. Des montées interminables succèdent aux descentes abruptes. Nous prenons la dernière ascension avec calme et concentration. En arrivant dans le dernier village, un vieille homme nous aborde et nous invite à prendre le thé. Un mur de sa maison est tombé mais il ne semble pas en faire grand cas. Son fils viendra le réparer prochainement. Il est plus intéressé par notre périple et ce que nous avons vu. Il ne bouge plus de sa maison et profite du passage des voyageurs comme fenêtre sur le monde. Il raconte longuement sa participation à l’expédition au Makalu de 1986, l’année de ma naissance 30 ans plus tôt.

Message satellite 08/05/2015 : Sibuje. 2830m. Journée de plus de 2250m de D+. Dernière pente abrupte de 850m D+ vers village.

Discussion avec vieux Sherpa qui a fait Makalu en 1986 dans une expédition qui a durée 150j. Sa maison abîmée par tremblement.

En bonne forme sinon. Point de vue superbe depuis vilage en crête.

A l’entrée de la vallée de l’Everest, nous nous arrêtons dans le lodge d’un des frères de Purhi. Je mange mes habituelles « Fried Eggs Noodle » dont je raffole. Je ne voudrais manger plus que cela.

Encore une fois Purhi boit trop. Le matin il est chancelant. Son frère lui ouvre une bière pour la route. Je suis furieux. L’alcool est un vrai problème pour les hommes au Népal.

Message satellite 09/05/2015 : Paiya la. 2800m. Deux passages de col à 3100m et premières vues sur les sommets de la région du Solu-Khumbu (Khumbi la et Karyolung).

Je pars seul devant. Est ce que l’on donne de l’alcool à un frère qui a trop bû lorsqu’il marche avec des clients? Je laisse Purhi ce soir, il rentre à Kathmandou avec ses problèmes, et d’autres encore.

Nous nous séparons un midi dans un restaurant de Luckla. Un village à l’entrée de la vallée de l’Everest qui a la réputation d’avoir l’aéroport le plus dangereux du monde. Je le remercie de m’avoir accompagné pendant cette galère. Nous nous reverrons plus tard à Kathmandou.

Message satellite 10/05/2015 : De retour à Luckla (j’étais déjà venu ici en Octobre 2013). Moteurs d’avion toujours aussi stressants au décollage.

Rédigé par Lionel Pourchier

Je vous racontes sur ce site mes aventures dans le cadre des deux projets de voyage que j'ai réalisé : "De l'Himalaya à Paris" en solitaire en 2015, et le "Tour des terres du Pacifique" en 2017/2018 avec mon amie Kinga Jakubowska.

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